RAK Wismesh Tag vs Seeed Studio T1000e : le duel des ultra compacts

Ça faisait un moment que je voulais comparer les 2 nœuds les plus à même d’être utilisés au quotidien, à savoir le célèbre Seeed Studio T1000e et le RAK Wismesh Tag. Même format « carte de crédit », juste 2 approches différentes par 2 marques différentes. Est-ce que l’un se démarque de l’autre ? C’est ce qu’on va voir aujourd’hui, grâce à RAKwireless à qui nous avons demandé un Tag et qui nous l’a sympathiquement envoyé. Il s’agit même d’une nouvelle édition limitée pour 2026… enfin en terme de nouveauté par rapport au précédent ça va être vite plié : il est bleu au lieu d’être noir ! Pour le reste… tout est pareil. Comme d’habitude, nous essayons d’être aussi objectifs que possible, RAK ne nous paye pas un centime pour cet article et n’a aucun contrôle/avis sur ce que nous écrivons ici.

Spécifications

Commençons donc par les fiches techniques :

Seeed T1000RAK Tag
Format (mm)85x55x6,591,2x59x7,7
Poids (g)36,447,6
ÉtanchéitéIP65IP66
Batterie (mAh)7001000
Chip principalnRF52840nRF52840
Chip radioSX1262SX1262
GPSoui (Mediatek AG3335)oui (AT6558R)
LED(s)1 seule verte, sert à tout3 : 1 pour la batterie, 1 pour le fonctionnement (heartbeat), 1 pour l’envoi de paquets…
Bouton(s)1 seul, sert à tout. Reset via manip brancher/débrancher 2x1 principal, sert à presque tout + 1 au dos pour le reset
Écrannonnon
Buzzerouioui
Vibreurnonnon
Capteur de luminositéouinon
Capteur de températureouinon
Rechargeplots magnétiques (câble USB-A vers 4 plots fourni)plots magnétiques (câble USB-A vers 4 plots fourni)
Capacité recharge5V, 0,36A5V, 0,5A
AccessoiresAucunLanière de cou
Prix40-50€ selon lieu d’achatenviron 50€

En terme d’encombrement, le Tag est légèrement plus gros, c’est une certitude. Il ne rentre par exemple pas dans la poche « montre/briquet » de mon jean Levis 511, là où le T1000 rentre. Il est plus carré, alors que le T1000 a des coins plus arrondis.

Même chose pour le poids, l’écart se sent légèrement, mais – contrairement au Heltec MeshPocket testé il y a quelques semaines – en pratique l’usage sera le même. On peut tous les deux les glisser dans n’importe quelle (autre) poche de pantalon, et leur transport et usage au quotidien sera strictement identique. On peut en quelque sorte partir du principe qu’ils sont identiques, sauf que le RAK a pris un peu d’embonpoint pour accommoder la présence d’une batterie embarquant 43% plus d’énergie.

En terme de qualité de construction, les 2 sont comparables, fabriqués dans un plastique qui semble solide, via 2 parties qui semblent collées, aucune opération de maintenance interne possible (pas de remplacement simple de batterie). Certains ont réussi avec un pistolet à air chaud a ramollir la colle et séparer les 2 parties de la coque, mais ça n’est pas à la portée de tout le monde.

Si vous voulez voir l’intérieur, il y a un post reddit avec 2 photos.

On apprécie la présence de 3 leds sur le Tag, ce qui permet de comprendre plus clairement l’état du nœud, notamment lorsqu’il est branché sur un chargeur. Les leds sont aussi plus discrètes, ce qui est plutôt un avantage lorsque le nœud reste branché dans une maison, voire une chambre (ça ne fait pas sapin de noël la nuit).
Led rouge : charge
Led verte : activité LoRa
Led bleue : heartbeat (clignotement pour dire qu’il est actif)

On apprécie également le second bouton (reset) au dos du Tag, nettement plus pratique que de devoir faire la manipulation compliquée débrancher/rebrancher 2 fois rapidement pour basculer le T1000 en mode DFU par exemple, même si en 2026 avec les flashers qui permettent le passage en mode DFU de manière logicielle, c’est moins vital.

Enfin, le fait que le RAK soit livré avec une lanière de cou, bien conçue qui plus est, est un vrai plus. Grise unie, sans logo, elle ne vous transformera pas en panneau publicitaire si vous l’utilisez. D’ailleurs c’est marrant, mais le Tag n’a aucun logo RAK. Uniquement « Moko Smart » qui est le fabriquant pour RAK. Un clip détachable avec un anneau permet également de ne pas utiliser la lanière mais d’accrocher le Tag à une bretelle de sac à dos par exemple. A côté chez Seeed il faut acheter un crochet séparé (2 euros) ou se bricoler quelque chose soi-même. Ça n’est pas un point majeur, mais ça fait plaisir d’avoir cette possibilité nativement chez RAK.

Côté recharge c’est strictement la même chose pour les 2 (le câble est interchangeable). Pratique pour son côté aimanté, moins pratique car ça n’est pas du standard USB type C. Si vous oubliez le câble et que vous partez un peu loin plusieurs jours, vous ne pourrez pas recharger. Avoir dans votre sac en permanence un adaptateur usb-c vers 4 pins magnétiques est probablement une bonne idée.

Qualité de réception

Lors d’un usage dans des zones couvertes par des répéteurs, je n’ai pas constaté de différence en terme de capacité d’émission ou de réception. Quelle que soit l’orientation, à chaque fois que mes messages passaient avec l’un, ça passait avec l’autre dans les mêmes conditions. L’antenne intégrée fait son boulot et semble correcte.

GPS

Les 2 embarquent un système de GNSS, mais avec des puces différentes. Celle du T1000 est plus précise et moins énergivore. La différence de batterie du RAK va servir à absorber cet écart si vous voulez utiliser le GPS. Donc pas de gain d’autonomie pour le RAK de ce point de vue là.

En terme de vitesse d’acquisition et de qualité de réception je n’ai pas noté de différence, le RAK est censé être plus rapide, je n’ai pas spécialement vu d’écart, mais ce n’est pas un point que j’ai testé intensément.

Autonomie

Les 2 nœuds ont été testés en tant que compagnon Bluetooth MeshCore, en version 1.15 (firmware officiel). Ils sont chacun connectés à un smartphone en Bluetooth pendant toute la durée du test (h24). Principalement en réception, mais quelques messages ont été envoyés manuellement régulièrement.

Avec 43% de batterie en plus, on pourrait s’attendre à une nette progression de l’autonomie du RAK face au T1000, qui – pour moi – a toujours été un peu limite. Voyons ce qu’il en est :

GPS OFF :

Seeed T1000RAK Tag
Départ heure 0100% – 4.19V100% – 4.19V
3h93% – 4.11V95% – 4.14V
6h89% – 4.07V92% – 4.11V
9h84% – 4.01V90% – 4.09V
12h81% – 3.97V88% – 4.07V
24h (1j)68% – 3.82V81% – 3.97V
30h65% – 3.77V78% – 3.94V
36h63% – 3.75V75% – 3.90V
48h (2j)54% – 3.64V68% – 3.82V
54h65% – 3.79V
60h64% – 3.78V
72h (3J)62% – 3.75V
75h62% – 3.75V
78h62% – 3.75V
81h60% – 3.73V
84h60% – 3.73V
96h (4J)55% – 3.66V
99h55% – 3.66V
102h54% – 3.65V
105h42% – 3.51V
108h (4J 12h)18% – 3.22V
109h

Le T1000 a légèrement dépassé les 2 jours d’autonomie alors que le Tag a dépassé les 4 jours et demi ! On a donc largement le double en terme d’autonomie malgré une batterie seulement 43% supérieure. Optimisation matérielle ou logicielle, difficile à dire, mais le gain est vraiment important. On peut partir en week-end en oubliant le chargeur sans avoir trop de crainte. Même chose en cas de crise, si le RAK est chargé au moment où intervient la coupure de courant, on pourra l’utiliser plusieurs jours sans souci, là où pour le T1000 il faudra avoir une powerbank pour le recharger chaque soir pour s’assurer du maintien de son fonctionnement le jour suivant.

La « fin » de vie de la batterie du RAK semble néanmoins moins bien gérée. Il s’éteint lorsque la batterie est à priori vide, mais il va redémarrer tout seul au bout de quelques minutes (il bippe), un test de la batterie à ce moment là m’a affiché 0% – 2.81V puis il s’est ré-éteint tout seul, puis il a redémarré encore. J’ai arrêté l’expérimentation en le mettant en charge pour éviter qu’il ne descende trop bas au niveau de la tension de la batterie. On suppose qu’il y a un BMS sur la batterie empêchant une chute de tension en dessous de 2.5V ou quelque chose du genre, mais ça reste un comportement pas idéal.

Le T1000 en comparaison s’éteint autour de 3.6V (une valeur très conservative mais correcte pour minimiser l’impact sur la durée de vie de la batterie) et ne se rallume pas.

On peut néanmoins voir un avantage dans ce qui se passe avec le RAK : il va se mettre à bipper (si vous ne désactivez pas son buzzer) lorsque sa batterie sera vide. Vous serez donc alerté qu’il est temps de le recharger, alors que le T1000 va mourir en silence et peut-être vous faire manquer des messages.

GPS ON :

Le test est fait en intérieur, à 1m d’une fenêtre. Dans les 2 cas un premier fix à froid a été obtenu en moins d’une minute. Les nœuds sont maintenus à une position fixe durant la majorité du test ou déplacés ensemble.

Seeed T1000RAK Tag
Départ heure 099% – 4.19V98% – 4.19V
3h90% – 4.08V87% – 4.05V
6h83% – 4.00V79% – 3.96V
9h78% – 3.93V73% – 3.88V
12h73% – 3.88V67% – 3.81V
24h62% – 3.74V55% – 3.66V
27h59% – 3.71V27% -3.3 V
28h58% – 3.69V
30h (15h07)54% – 3.65V
33h

On le voit donc dans ce test, inversion totale des rôles !

Certes les 2 ont perdu en autonomie via l’activation du GPS, mais le T1000 a dépassé 32h d’autonomie, quand le Tag n’a pas réussi à atteindre la 28è heure, avec pourtant – je le répète – 43% de batterie en plus. La puce GPS du Tag est beaucoup plus vorace en énergie, et ça se ressent !

Le T1000 a perdu 36% d’autonomie via l’activation du GPS, le Tag…75% !

L’écart final : 32h vs 27 n’est pas très significatif, donc les 2 feront à peu près le même boulot, à savoir une journée d’autonomie avec GPS, mais le T1000 le fait nettement plus efficacement (et en étant plus compact et léger).

Recharge

Recharge (test effectué sur un chargeur de plus de 30W pour que ça ne soit pas un facteur limitant) :

Le T1000 se recharge de 0 à 92% en 2 heures, 98% en 2h30 et ensuite c’est un peu flou car la charge n’évolue plus trop, entre 98 et 100% on est à ce qu’on peut considérer au maximum.
A noter aussi que même totalement vide, dès qu’on met le T1000 à charger il affiche un niveau de batterie immédiatement supérieur à 50%, ce qui est cohérent avec sa mauvaise manière de gérer son niveau d’une manière générale.
Pour simplifier on peut considérer que l’indicateur de niveau de batterie n’évolue qu’entre 100% et 50%.

Le Tag se recharge de 0 à à 77% en 1h, 0 à 95% en 2h et la led de charge s’éteint au bout de 3h environ. La batterie affiche alors une valeur entre 96 et 100% (entre 4.16 et 4.20V). Point important, la led dédiée s’allume rouge (fixe) pendant la charge et s’éteint donc une fois terminée (aucune info de fin de charge sur le T1000 en comparaison).
Ensuite le Tag semble se décharger petit à petit, même s’il reste sur le chargeur, et reprend ensuite la charge lorsque le niveau passe en dessous d’un certain seuil. On peut donc sortir le Tag du chargeur et voir qu’il est à par exemple à 87% de batterie. L’idée est probablement de maintenir la batterie à un état intermédiaire pour la protéger du vieillissement (une batterie qui reste à 100% en permanence ça n’est pas bon). Le fonctionnement exact n’est pas très clair, est-ce qu’une fois atteint un certain seuil le Tag reste simplement « alimenté » par le chargeur (sans recharger plus la batterie), ce qui serait très bien, ou alors est-ce qu’il passe son temps à se charger/décharger, ce qui accroit le vieillissement de la batterie ? Nous allons poser la question à RAK pour en savoir plus et mettrons cet article à jour en fonction de leur réponse.
Car si c’est bien géré, c’est très pratique si vous avez tendance à laisser le Tag en permanence sur son chargeur… et un peu moins bien car lorsque vous partez, vous avez peut-être déjà 13% de batterie en moins. Ce comportement n’a pas l’air modifiable. Le T1000 quand-à-lui se charge à 100% et reste à 100%. Reste qu’étant donné l’autonomie du RAK, ces 13% de moins au départ ne devraient pas trop être un souci.
Il est possible de forcer la recharge à 100% en sortant le Tag du chargeur puis en le remettant. La charge reprend pour atteindre 100%, mais pour cela il faudra patienter plusieurs dizaines de minutes, la charge des 13 derniers pourcents étant plutôt lente.

Edit du 15 mai 2026 : RAK nous a répondu sur le fonctionnement détaillé de la recharge, je vous la cite ici, simplement traduite en français :

« Le circuit intégré du chargeur est doté d’une protection contre la surcharge et limite la tension de charge à 4,2 V maximum ; ainsi, laisser le Tag branché au chargeur pendant plusieurs jours n’entraînera pas de surcharge.

Une fois la batterie complètement chargée, le processus de charge s’arrête automatiquement. Le chargeur ne relancera le cycle de charge que lorsque la tension de la batterie aura naturellement baissé à environ 4,05 V. En pratique, cela fonctionne comme un mécanisme de « recharge d’appoint » plutôt que comme une charge continue de la batterie en permanence.

Pour l’instant, il n’existe pas de mécanisme de dérivation ou de circuit d’alimentation direct comme celui utilisé par certains ordinateurs portables modernes. Cela signifie que l’appareil ne fonctionne pas entièrement à partir de l’alimentation USB tout en préservant la batterie séparément, la batterie reste intégrée au système d’alimentation tant qu’elle est connectée. »

Conclusion

Ces 2 appareils sont probablement les nœuds les plus pertinents pour une utilisation au quotidien en zone bien couverte par des répéteurs. Leur format compact permet de les emporter partout, dans n’importe quelle poche. Leur conception en un seul morceau, étanche, fait qu’on n’a aucun problème à les glisser partout, sans risque d’abîmer l’écran qu’ils n’ont pas. On attrape le nœud en sortant de chez soi et il nous accompagne facilement partout.

Néanmoins, les 2 souffrent à mon sens de quelques problèmes pour être vraiment des nœuds parfaits :

  • une batterie toujours un peu trop limitée si l’on active le GPS.
  • l’absence d’un moyen simple d’afficher le niveau de batterie (1 petit bouton + 4 micro leds pour afficher un ordre de grandeur serait super pratique). Honnêtement ça aurait été plus utile d’avoir un tel bouton plutôt que celui du reset dont l’usage reste assez anecdotique.
  • l’impossibilité d’ouvrir le boîtier pour remplacer la batterie. 6 ou 8 petites vis, un joint, ça ne serait pas impossible.
  • Toujours cette problématique de câble de charge propriétaire. On aimerait avoir une prise usb-c (étanche comme sur les smartphones) ET une charge sans fil via chargeur Qi.
  • et en plus difficile à régler : un moyen d’intégrer une prise SMA et un interrupteur pour basculer de l’antenne interne à une antenne externe pour étendre ses capacités.

C’est un peu ce dernier point qui fait qu’il est difficile de n’avoir qu’un seul compagnon, mais qu’il est aussi compliqué d’en utiliser plusieurs. Nos interlocuteurs ne savent rapidement plus s’il faut écrire sur « RAK Tag de Roger » ou « L1 Pro de Roger » (Seeed L1 qui lui a la possibilité d’avoir une petite ou grande antenne selon la situation… mais L1 qui est nettement moins pratique à transporter au quotidien : plus fragile, plus épais, antenne qui dépasse).

Sur ces photos le Seeed L1 Pro a été associé à une antenne plus petite que celle avec laquelle il est vendu (passion-radio, 5€).

Après, entre le Tag et le T1000 aucun n’est parfait, aucun n’est mauvais. Le côté rassurant c’est qu’il n’y a pas de mauvais choix. Souvent le choix se fera finalement sur la manière de se le procurer et son prix.
On privilégiera le T1000 pour l’ultra compacité et sa facilité à se le procurer en France, mais personnellement je préfère le RAK Tag qui a une autonomie nettement supérieure (lorsqu’on n’utilise pas le GPS en permanence) pour une augmentation de l’encombrement vraiment minime.

Seeed T1000 :

gotronic France (43,90 € + 4,50 € de port = 48,40€ livré)

Seeed Studio (depuis la Chine : 34,99€ + 5,67€ de port de frais : 40.66€ livré)

Seed Studio (depuis l’Europe, donc TVA régularisée : 34,99 + 17,68€ de port et TVA : 52.67€ livré)

RAK Tag :

RAK Store ($39 + $18.32 de port = $57,32 livré, soit environ 50€). Mutualisez les commandes pour minimiser l’impact des frais de port. Malgré les frais de port c’est sur le site officiel que c’est le moins cher.

Merci à RAK pour l’envoi du Tag.