Nous avions envie de tester cette petite powerbank qu fait aussi « nœud LoRa », ou dans l’autre sens, ce nœud Meshtastic ou MeshCore avec une autonomie de dingue.
Au delà des spécifications techniques, l’idée de départ était surtout de voir comment ce produit s’intègre dans le quotidien, notamment en le comparant au Seeed Studio T1000e, qui – s’il n’a pas le même gabarit – remplit un peu le même fonctionnement : avoir un nœud toujours avec soi, facile à transporter, pratique à recharger… pour un usage principalement en zone bien couverte par des relais/répéteurs, et donc quitte à faire des compromis sur l’antenne. Dans cette optique, je ne testerai donc pas spécialement la portée en émission/réception. Ça sera peut-être pour un autre article, celui-ci s’annonçant déjà bien long !
Le MeshPocket a été fourni gracieusement par Heltec, mais aucun échange financier n’a eu lieu et la marque n’a aucune exigence (ni possibilité d’en avoir) en terme de retour sur ce que nous écrivons sur ce site. C’est donc un test aussi objectif qu’humainement possible.
Nous aurions également pu ajouter le RAK Wismesh Tag dans le comparatif, mais il est tellement proche du T1000 que la réflexion nous semble moins intéressante. Ça sera peut-être pour une autre fois pour focaliser sur leurs minces différences (RAK, contactez-nous pour nous en envoyer un).

Commençons par les spécifications de base les plus importantes :
| Heltec MeshPocket | Seeed Studio T1000 | |
| Dimensions : haut. x larg. x épai. (mm) | 102 x 74* x 10.8 * incluant l’antenne, 69mm sinon | 85 x 55 x 6.5 |
| Poids (g) vérifié | 154.1 | 36.4 |
| Batterie (mAh) | 5 000* * il existe aussi une version 10 000mAh | 700 |
| Chips électroniques | nRF52840 + SX1262 | nRF52840 + SX1262 |
| Étanche | non | oui (IP65) |
| GPS | non | oui |
| Buzzer | non | oui |
| Ecran | oui, e-ink | non |
| LED | oui (niveau de batterie via 3 couleurs + fin de charge) | oui (heartbeat) / pas d’information de charge |
| Prise de charge | USB type C | câble magnétique propriétaire |
| Bouton de reset | oui (légèrement renfoncé) | non |
| Antenne | intégrée, non remplaçable | intégrée, non remplaçable |
| Autres capteurs | non | luxmètre, accéléromètre, température |
| Fonction powerbank | oui charge filaire ou sans fil d’un autre appareil | non |
Encombrement et poids
On voit que malgré le côté « rectangle compact » sans antenne protubérante des deux produits, il y a des différences massives. Commençons par les deux plus évidentes : la taille et le poids. Le T1000 est réellement très compact, avec le format vraiment carte de crédit, et une épaisseur très contenue. Le MeshPocket est quasiment 2 fois plus gros en surface, et quasi 2 fois plus épais. La différence se ressent nettement. Le T1000 est vraiment facile à caser absolument partout, il rentre par exemple dans la poche « briquet » d’un jean. A l’inverse le MeshPocket demandera un peu plus de réflexion sur l’endroit où on prévoit de le mettre pour le transporter. La poche d’un pantalon ne sera probablement pas vraiment envisageable, surtout si vous avez déjà un smartphone à y caser.


Le poids est également drastiquement différent, puisque le MeshPocket est 4 fois plus lourd que le T1000, et je peux vous dire qu’on sent très bien la différence ! Le Heltec semble vraiment très lourd. Là encore ça fait toute la différence entre ajouter négligemment le T1000 dans une poche de pantalon et chercher le bon moyen de transporter le MeshPocket.
D’autant plus que ce dernier semble plus fragile. Avec son écran, sa façade en verre trempée, le dos plus « mou » dédié à la charge sans fil, c’est un peu moins un objet baroudeur, et c’est pourquoi il est livré avec une petite pochette (bien ajustée) pour le ranger sans risque de rayer l’écran. En fait, hormis le format un peu moins haut, le Heltec est plus proche d’un smartphone en sensation (encombrement, poids, fragilité perçue), là où le T1000 est vraiment petit et semble plus résistant. Après il faut se méfier de cette sensation perçue, nous avons lu des histoires de T1000 « pliés » dans des poches arrières de jean, donc la finesse a aussi des inconvénients.



Après 154 grammes pour une powerbank de 5 000mAh, on est sur un poids un peu élevé. C’est probablement lié à tout ce qu’il y a autour : chargeur Qi, carte électronique pour la partie LoRa, écran,… mais à titre de comparaison pour ce poids on trouve certaines powerbank avec 10 000 mAh. Il y avait peut-être moyen de faire plus optimisé, par exemple en évitant cette grande vitre en verre trempé.
Batterie
C’est une évidence, mais entre 700mAh et 5 000mAh, il y a un monde, est c’est donc là qu’on commence à comprendre l’intérêt de la comparaison.
L’un des points faibles du T1000, c’est qu’il ne faut jamais trop oublier de le remettre sur son chargeur, sans quoi on risque d’être rapidement à court de batterie. A l’inverse, les 5 000mAh du MeshPocket laissent penser qu’on va pouvoir être trèèèèès longtemps sans le recharger. Voyons un peu ce qu’il en est.
Chargeons les 2 à fond et utilisons les de manière identique (Compagnon Meshcore Bluetooth, en version 1.13). Le GPS n’est pas activé sur le T1000.
| Heltec MeshPocket | Seeed Studio T1000 | |
| Batterie au départ (mardi) | 100% / 4.4V | 100% / 4.2V |
| Batterie après 24h | 100% / 4.36V | 64% / 3.77V |
| Batterie après 42h | 100% / 4.29V | 0%, 3,33V Il s’est éteint tout seul. |
| Batterie après 48h | 100% / 4.28V | – |
| Batterie après 3J | 96% / 4.16V | – |
| Batterie après 4J | 86% / 4.03V | – |
| Batterie après 6J (oui j’ai loupé un jour) | 74% / 3.90V | – |
| 7J | 70% / 3.84V | – |
| 8J | 69% / 3.83V | – |
| 9J | 64% / 3.77V | – |
| 10J | 64% / 3.77V | – |
| 11J | 61% / 3.74V | – |
| 12J | 54% / 3.65V | – |
| 13J | 0% / 2.93V Extinction automatique quelques heures après | – |
On voit clairement que du côté du T1000 on n’atteint même pas 2 jours d’autonomie*. A l’opposé, si on ne s’en sert pas en powerbank mais qu’on consacre 100% de l’énergie à la partie LoRa, le MeshPocket, lui, est parti pour quasi 2 semaines d’autonomie, de quoi l’oublier au quotidien et ne pas trop se préoccuper de son niveau de batterie. Malgré tout ça n’est pas exceptionnel. Par exemple un Seeed L1 Pro avec une batterie de 2000mAh tient presque 9 jours. Le ratio taille de batterie/autonomie n’est donc pas optimal. Après il s’agit probablement du firmware, plus ou moins optimisé selon les appareils, et non pas de problème matériel.
A noter que 4.4V est assez atypique pour une batterie au lithium qui plafonne généralement à 4.2V. Heltec nous a confirmé qu’il s’agissait bien d’une batterie lithium-ion classique, donc c’est plutôt la remontée de la tension qui est probablement mauvaise. L’information a été remontée et une mise à jour du firmware Meschore est prévue pour en tenir compte dans les semaines qui viennent.
* j’ai été un peu surpris d’une si faible autonomie, j’ai donc refait le test avec plusieurs T1000 différents et les résultats sont identiques, toujours autour de 65% de batterie restante au bout de 24h, mais pourtant aucun n’a atteint 48h.
Recharge
Une des grosses différence entre les 2, c’est que le T1000 nécessite un câble propriétaire pour se recharger. Son côté magnétique est sympa, mais il faut quand même généralement être un peu attentif lorsqu’on approche le T1000 du chargeur car la prise peut se brancher partiellement (sur l’un des aimants) mais il faut ensuite pivoter la prise jusqu’à ce que les autres aimants s’appairent. Imprimer en 3D un support de ce type (ou comme ça) est généralement une bonne idée pour placer facilement et correctement le T1000 à tous les coups.
Bien entendu, si vous oubliez ce câble, point de recharge, et le T1000 servira alors de (très mauvais) presse papier.
A l’inverse le MeshPocket se charge avec un simple câble USB type C, le même que pour charger votre smartphone. Et pour clarifier un point qui pouvait ne pas être super clair : non, on ne peut pas le charger sans fil. Le Pad Qi au dos n’est pas réversible. Il peut charger votre smartphone, mais un chargeur Qi du commerce (ou votre smartphone s’il fait de la recharge sans fil inversée) ne peut pas charger le MeshPocket. C’est dommage, ça aurait été pratique. J’aurai même aimé un truc du genre un pad de chaque côté, comme ça on pose le MeshPocket sur un chargeur sans fil, et on pose son smartphone sur le MeshPocket, et tout le monde se charge joyeusement.
Ce qu’il est possible de faire par contre, et qui est très sympa, c’est de brancher le MeshPocket en USB sur un chargeur mural, et de poser son smartphone sur la zone chargeur Qi du MeshPocket. Dans ce cas, la prise USB C charge le MeshPocket + le smartphone sans fil en même temps. La charge n’est pas super rapide (10W pour la batterie du MeshPocket + 5W vers le smartphone) mais par exemple pour recharger son smartphone la nuit, ça peut être suffisant. Votre MeshPocket devient en quelque sorte votre chargeur principal de smartphone pour la maison, sa batterie est toujours chargée et peut servir à la fois pour l’aspect communication LoRa + pour continuer à charger votre smartphone même en cas de coupure de courant.

La batterie du T1000 met un peu plus de 2h à se recharger une fois vide. Celle du Heltec se recharge rapidement au début (en un peu plus d’une heure vous avez rechargé le plus gros), mais met 2h45 en tout pour que le voyant passe au vert fixe, indiquant une recharge à 100% (typique des recharges des batteries li-ion).
Pour information le Heltec est livré avec un second câble, qui lui est magnétique, exactement le même que le T1000. Ce câble sert uniquement à la mise à jour du firmware. Il est relié directement au chip nRF et contourne donc toute la partie batterie.
Powerbank
Tout le monde devrait avoir une powerbank ! Là on a l’opportunité d’avoir une powerbank + un nœud LoRa pour son réseau préféré dans un seul objet. Est-ce pour autant une bonne idée ?
Déjà les 5 000 mAh apportent une tranquillité d’esprit pour la partie LoRa, on sait qu’il suffit de charger la brique « de temps en temps » et on aura un nœud toujours opérationnel. Rien que ça c’est très agréable. Après on a donc cette capacité qui peut servir pour charger un smartphone en cas de coupure de courant, ou plus simplement en cas de grosse journée et de batterie de smartphone vide ou de découché imprévu loin d’un chargeur. 5 000mAh ne chargeront peut-être pas un ggros smartphone récent en entier (on ne récupère pas 100% de la capacité car il y a des pertes dans les conversions) mais déjà si la batterie du MeshPocket n’est pas trop vide, on va pouvoir récupérer quelques heures d’utilisation de son smartphone en toute situation, ce qui peut faire toute la différence en cas d’urgence.
Pour information lorsque la batterie du MeshPocket arrive à 5% de charge restante, elle coupe automatiquement son côté powerbank pour garder un peu d’énergie pour la partie LoRa. 5% de 5 000mAh c’est 250mAh, et si on extrapole un peu les données, ça nous fait quasiment de quoi faire tenir la partie LoRa une journée supplémentaire, pas négligeable.
5 000 ou 10 000mAh ? Pour 80 grammes, + $10 (hors taxes) + quelques mm d’épaisseur de plus, on peut doubler la capacité de la batterie. Si c’est pour prolonger l’autonomie de la partie LoRa, ça n’est probablement pas vraiment nécessaire. Autant conserver la compacité de la version 5 000mAh. Par contre si vous cherchez avant tout une powerbank, que vous avez clairement décidé de ne pas mettre ce nœud dans votre poche, je crois que la version 10 000 est un choix plus pertinent encore. Elle apportera une vraie recharge complète d’un smartphone même grand format, sans avoir la moindre arrière penser de risquer de compromettre la partie LoRa. Et au passage ça règlera définitivement la question de où mettre l’objet : forcément dans un sac (ou à demeure chez vous bien entendu).
La recharge sans fil c’est sympa, mais sur une powerbank est-ce vraiment une bonne idée ? Les pertes sont nettement plus importantes, et le format peut potentiellement être incompatible avec votre smartphone s’il a de gros appareils photos à la verticale (exemple incompatible : Samsung S26 Ultra avec coque Qi2). En pratique on trouve une solution en pivotant la powerbank un peu, mais c’est un peu du bricolage, d’autant plus que l’aimant n’est pas très fort, il sert pour aligner la batterie et le smartphone mais pas pour les maintenir ensemble.
La fonction powerbank fonctionne également en filaire, un petit câble usb-c vers usb-c est livré pour charger le smartphone directement depuis le Heltec. Si l’énergie est comptée, c’est clairement la solution à utiliser.


Capteurs
Une autre grosse différence entre ces 2 appareils, c’est que malgré la toute petite taille du T1000, il est truffé de capteurs supplémentaires que le MeshPocket n’a pas. En pratique il faut relativiser un peu, notamment en fonction du réseau que vous utilisez. Sous Meshtastic, vous aurez accès aux différents capteurs et ils peuvent éventuellement s’intégrer dans des process un peu orienté domotique. Sous MeshCore c’est nettement plus pauvre, et seul le GPS fera vraiment la différence.
Est-ce utile un GPS dans un nœud prévu pour être utilisé en conjonction avec un smartphone ? Tout dépend de votre usage. On peut par exemple apprécier dans MeshCore faire un double-clic de temps en temps pour envoyer un advert avec sa position pour qu’on puisse facilement nous retrouver en cas de problème. A l’inverse, le GPS actif sur un T1000 réduit encore son autonomie.
Écran / LED
La même question se pose sur l’écran. Est-ce utile sur un nœud associé à un smartphone ? Il affiche certes les derniers messages reçus, le niveau de batterie en permanence (un côté sympa de l’e-ink) et permet deux ou trois manips directement sur le nœud sans passer par le smartphone, mais au quotidien on a accès à tout ça de manière bien plus confortable sur l’écran du téléphone.
La LED : s’il y a bien un point qui m’énerve sur le T1000 (sous MeshCore en tout cas) c’est la gestion de la led. S’il est posé sur mon bureau, la led verte qui flashe toutes les quelques secondes, dans mon champ visuel, c’est horrible. Même chose la nuit, il ne faut pas oublier de mettre le T1000 à l’envers si on ne veut pas transformer la pièce en discothèque (j’exagère à peine). C’est là où l’écran du Heltec prend tout son sens. On sait si le nœud est allumé ou éteint sans qu’il fasse de lumière.
Par contre si on le met à charger, on aura la led (qui termine en vert fixe) en permanence. C’est un point appréciable par rapport au T1000 : on sait quand est-ce que la charge est terminée. Mais dans les 2 cas, si on les laisse branchés, leur led émet de la lumière en permanence 🙁
Pas de buzzer !
Voilà un point qui va entrainer pas mal de discussions. Comme pour l’écran, globalement dès qu’on utilise un nœud clairement prévu pour être relié à un smartphone tout le temps, on va préférer les notifications du téléphone, plus finement réglables (par exemple pas de notification pour le canal Public dans MeshCore)… mais en même temps c’est très pratique que le nœud ait son propre buzzer pour nous alerter justement quand la connexion Bluetooth est coupée. Il m’arrive par exemple d’être dans ma cuisine, loin du T1000 qui est dans mon bureau à l’autre bout de la maison, et d’entendre son buzzer sonner parce que le BLE n’est plus disponible à cette distance.
… mais en même temps, le buzzer c’est pénible la nuit quand on a mis son téléphone en mode avion et que ça se met à discuter d’un seul coup.
Bref, Si on part du principe que le nœud est prévu pour être utilisé en conjonction avec le smartphone avant tout, comme l’écran, le buzzer n’est pas franchement utile.
Prix
Voilà un point délicat. Le T1000 se trouve en France (donc toutes taxes payées) pour autour de 50 euros livré (chez gotronic par exemple, en prenant la version « non Meshtastic » qu’il suffit de flasher ensuite). A l’inverse, pour trouver le Heltec c’est plus compliqué. Les $59 de départ sur le site de Heltec sont alléchants, mais une fois livré en France ça nous fait $90 soit autour de 80-90 euros selon comment votre banque vous plume. Et théoriquement c’est aussi hors frais de douane. On n’est pas au double du prix du T1000 mais pas loin.
L’écart de pris paye une powerbank dédiée… qui pourra recharger plusieurs fois un T1000… Au prix de 2 objets à gérer… à vous de voir.
A l’heure de conclure
On ne va pas se mentir, le nœud idéal n’est toujours pas là. D’ailleurs on le voudrait :
- gros comme un T1000
- avec l’autonomie du MeshPocket
- une antenne intégrée mais aussi remplaçable facilement via une prise SMA
- qui se charge en Qi ou usb-c, comme un smartphone
- qui tient debout (ou au moins son antenne debout)
Vous vous en doutez, on en est encore loin, très loin. Donc en attendant il faut faire des compromis. Vous aurez peut-être une opinion différente selon votre propre usage, mais pour nous la différence est avant tout dans la taille + l’autonomie et les conséquences que cela entraine sur la transportabilité.
Si vous voulez avoir le nœud dans votre poche, le T1000 est clairement la direction à prendre (ou – bien sûr – le RAK WisMesh TAG qui est quasi un clone). Par contre cette portabilité se traduira par le besoin systématique de mettre à charger l’appareil dès que vous arrivez chez vous. C’est peut-être l’outil parfait à avoir dans son entrée, en permanence sur son chargeur et qu’on emporte et remet ensuite sur le chargeur au fil de ses sorties. En cas d’oubli dans la poche du manteau plus de 24h par exemple, la sanction sera assez rapide.
A l’inverse, si vous voulez plutôt quelque chose à avoir dans votre sac (à dos, à main…) qui soit « la solution en cas d’urgence », qui puisse apporter un service à votre téléphone (powerbank) ET le côté LoRa, le MeshPocket prend tout son intérêt. Même si vous l’avez oublié quelques jours allumé ou quelques mois éteint, il aura probablement encore beaucoup de batterie pour être disponible même s’il n’y a plus de courant.
| On aime | On aime moins |
| L’autonomie | Le poids |
| l’écran e-ink | l’absence de GPS et de buzzer |
| la recharge en usb-c sans câble propriétaire | l’absence de recharge sans fil |
| le côté powerbank |
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